CRÉDIT IMMOBILIER : COMMENT EMPRUNTER APRÈS 60 ANS ?

Malgré les taux toujours bas et une ligne de conduite des banques qui ne cesse de s’assouplir, emprunter lorsque l’on a plus de 60 ans est souvent compliqué. Pour les seniors modestes notamment, qui ne peuvent pas compter sur de longs crédits pour alléger leur reste à vivre et leur capacité d’emprunt. Malgré cela, des solutions existent comme le fait de comparer les offres pour faire baisser le coût de l’assurance de prêt.

Taux d’usure, durée du prêt, assurance emprunteur : il est plus difficile d’emprunter après 60 ans

Malgré le contexte actuel qui profite aux emprunteurs, contracter un prêt immobilier passé 60 ans relève parfois du défi. Alors qu’on estime à 60 % le nombre de dossiers de trentenaires dit « finançables », le chiffre chute à 40 % en ce qui concerne les seniors.

En cause, la durée du prêt qui ne peut généralement pas aller au-delà des 75 ans de l’emprunteur, ce qui limite à 15 ans un prêt contracté par un emprunteur de 60 ans. Cette durée relativement courte au regard des prêts sur 25 ans qui sont de plus en plus courants, oblige les acquéreurs à supporter de plus lourdes mensualités ce qui n’est parfois pas possible compte tenu des revenus et des autres charges à payer.

Autre fait, l’assurance de prêt pèse elle aussi plus lourd lorsque l’emprunteur est âgé. Le risque de contracter une maladie ou de faire une mauvaise chute est en effet plus élevé à 60 ans qu’à 30 ans ce qui incite les assureurs à augmenter leurs tarifs. Les cotisations d’assurance emprunteur sont également alourdies par la récente augmentation de la taxe spéciale sur les conventions d’assurances (TSCA) désormais applicable à la garantie décès.

Plusieurs solutions existent pour rendre son dossier finançable

Une notion est également particulièrement importante lorsqu’il s’agit de contracter un prêt immobilier après 60 ans. Il s’agit du taux d’usure. Destiné à protéger les emprunteurs contre des pratiques bancaires abusives, le taux d’usure est en réalité souvent pénalisant pour les seniors. Revu tous les trois mois et variable selon la nature et la durée du crédit, il correspond à un plafond au-delà duquel les taux des crédits ne peuvent pas augmenter. Au 1er avril 2019 par exemple, ce taux était fixé à 2,77 % pour un crédit immobilier à taux fixe sur 10 à 20 ans.

Pour rendre un projet finançable, les seniors ont donc tout intérêt à commencer par négocier. Les honoraires des courtiers par exemple, ainsi que les frais de dossiers de la banque. Même logique en ce qui concerne l’assurance de prêt. Elle pèse en moyenne 30 % dans le coût total d’un crédit immobilier ce qui peut considérablement venir alourdir un dossier. L’évolution de la réglementation (loi Lagardeloi Hamonamendement Bourquin) favorise désormais la comparaison des offres, la résiliation des contrats chaque année et donc la réalisation de plusieurs centaines d’euros d’économies.

Les ménages possédant un patrimoine immobilier important pourront également opter pour le nantissement. Un bien immobilier sert alors de garantie du crédit en lieu et place de l’assurance de prêt.