Vrai/faux : fait-on des économies en changeant d’assurance-emprunteur ?

La loi vous permet désormais de résilier votre assurance-emprunteur au-delà d’un après la souscription d’un crédit immobilier.

Il est désormais possible de changer d’assurance emprunteur au-delà la première année du prêt.

Vrai. Depuis le 1er janvier dernier, la loi vous permet de changer d’assurance-emprunteur à chaque date anniversaire du contrat, et non plus seulement la première année comme c’était le cas depuis 2014. La nouvelle assurance choisie doit seulement présenter le même niveau de garantie que celle de votre banque. Si c’est le bien le cas, celle-ci ne pourra ni refuser la substitution d’assurance, ni vous la facturer. Votre crédit immobilier restent par ailleurs inchangées. Tout refus de substitution de la part de la banque doit être motivé.

Les garanties offertes par l’assurance concurrente choisie doivent être identiques.

Faux. Garanties équivalentes ne veut pas dire identiques, rappelle le comité consultatif du secteur financier (CCSF). Concrètement, votre banque devra vous fournir une liste de 11 critères maximum sur une liste de 18 (par exemple la couverture de la garantie décès durant toute la durée du prêt, la prise en charge de l’invalidité partielle à partir de 33%…) que le contrat alternatif devra obligatoirement remplir. Ces critères figurent sur la fiche standardisée d’information que votre banque a l’obligation de vous remettre en amont de son offre de prêt. À vous de relayer ces critères auprès de l’assureur que vous envisagez de rejoindre pour qu’il vous fasse une offre adaptée.

Seuls les plus jeunes ont intérêt à changer d’assurance.

Faux. Les clients les plus jeunes, en bonne santé et non fumeurs sont ceux qui ont en théorie le plus intérêt à changer d’assurance-emprunteur. Plus la durée du prêt restante est longue, plus la somme empruntée est importante, plus l’économie réalisée sera par ailleurs élevée. Un cadre non-fumeur de 27 ans ayant emprunté 200 000 euros sur 25 ans pourrait ainsi économiser 17 000 euros en substituant une assurance-emprunteur alternative à une assurance bancaire.

Mais cela ne veut pas dire qu’un senior n’y trouvera pas son compte. L’économie réalisée sera sans aucun doute moins importante, peut-être même inexistante, mais il pourra probablement trouver un contrat lui offrant une meilleure couverture. Les contrats les moins chers sont paradoxalement souvent ceux qui offrent les meilleures garanties!. Autre type de population ayant tout intérêt à faire jouer la concurrence: les personnes ayant été malades et désormais guéries, ou encore les fumeurs ayant mis fin à cette habitude.

Les banques sont systématiquement plus chères.

Faux. Si les marges des banques étaient jusqu’à récemment de l’ordre de 40% à 50% sur l’assurance-emprunteur, elles font désormais de gros efforts pour retenir leurs clients tentés par la concurrence. Elles font de plus en plus souvent une contre-offre compétitive, et sont même particulièrement agressives si les clients menacent de changer à la fois d’assurance-emprunteur et d’assurance-auto.

La démarche de substitution est compliquée.

Pas tout à fait faux. Pour changer d’assurance-emprunteur, vous devrez envoyer à l’assureur que vous souhaitez quitter une lettre de résiliation au moins deux mois avant la date d’échéance du contrat. Il faudra également informer la banque prêteuse, qui a de son côté à dix jours pour accepter ou refuser le changement d’assurance, et faire un avenant à votre crédit. Mais cette démarche ne se passe pas toujours sans anicroche. Rares sont les contrats d’assurance qui mentionnent une date anniversaire. Dans ce cas, le plus simple est de résilier sans mention d’une date précise. Si la banque émet une objection, il sera alors possible de lui demander la preuve de la date d’anniversaire indiquée.

L’assurance coûte parfois presque aussi cher que le crédit.

Vrai. C’est particulièrement vrai en période de taux bas. Une personne de 41 ans empruntant 150 000 euros sur 19 ans paiera en moyenne 21 350 euros d’assurance sur toute la durée de son crédit, contre 22 596 euros d’intérêts d’emprunt. Les mensualités de l’assurance peuvent cependant être variables au cours du prêt, selon le mode de calcul adopté par l’assureur. Certains, notamment parmi les alternatifs, calculent en effet l’assurance sur le capital restant dû. Dans ce cas, la mensualité est plus importante en début de prêt qu’à la fin. Le coût total de l’assurance peut alors être plus faible, mais cela n’est intéressant que si l’emprunteur envisage de conserver son bien un certain temps.