Immobilier 2018 : les taux bas n’ont pas suffi à maintenir le pouvoir d’achat

Malgré des taux toujours au plus bas, le pouvoir d’achat immobilier s’est encore dégradé en 2018 dans 17 des 20 principales villes françaises, sous l’effet de la hausse des prix. La palme revient à Angers.

157 mètres carrés à Saint-Etienne, 21 mètres carrés à Paris : voici les surfaces qu’un emprunteur avec un excellent dossier pouvait espérer acheter, fin 2018, avec une mensualité de 1 000 euros sur 20 ans. Deux cas extrêmes évidemment, symptomatiques des fortes disparités de pouvoir d’achat immobilier selon la ville où l ‘on habite.

La tendance, toutefois, est presque partout la même : celle d’une baisse du pouvoir d’achat, sous l’effet de la hausse des prix. Sur deux ans, entre décembre 2016 et décembre 2018, seuls les Toulonnais bénéficient d’un gain de 6 m2. Les habitants des 19 autres plus grandes villes de France ont vu au contraire leur pouvoir d’achat chuter, certaines dans des proportions importantes : 14 mètres carrés en moins au Mans ou à Bordeaux, 13 à Nîmes, 11 à Rennes, 10 à Angers et 9 à Marseille, Montpellier et Lyon. Une pièce en moins en 2 ans, pour résumer.

Le classement 2018 du pouvoir d’achat immobilier

  1. Saint-Etienne, 157 m2 (+2 sur un an)
  2. Le Mans, 126 m2 (+19)
  3. Le Havre, 107 m2 (-1)
  4. Nîmes, 100 m2 (-3)
  5. Toulon, 94 m2 (+3)
  6. Angers, 91 m2 (-10)
  7. Dijon, 87 m2 (-1)
  8. Reims, 84 m2 (-3)
  9. Grenoble, 81 m2 (-2)
  10. Marseille, 70 m2 (-4)
  11. Montpellier, 69 m2 (-5)
  12. Toulouse, 69 m2 (-1)
  13. Rennes, 66 m2 (-4)
  14. Lille, 65 m2 (-3)
  15. Strasbourg, 62 m2 (-1)
  16. Nantes, 62 m2 (-3)
  17. Nice, 50 m2 (-2)
  18. Lyon, 45 m2 (-5)
  19. Bordeaux, 45 m2 (-4)
  20. Paris, 21 m2 (-1)

Malgré cette érosion, l’année 2018 a encore été un bon cru pour l’industrie du prêt immobilier, « avec plus de 900 000 transactions dans l’ancien », qui explique ce dynamisme par « la faiblesse des taux et les importants efforts des banques ».

Quelques sources d’incertitude pour 2019

Cette conjoncture ne devrait pas changer en 2019. « Le contexte général plaide pour un maintien des taux bas , pas de reprise économique franche, une inflation encore très limitée et une politique toujours accommodante de la Banque Centrale Européenne (…) ».

« Concrètement, cela nous permet d’anticiper des taux de crédits immobiliers moyens toujours sous la barre des 2% sur les durées allant jusqu’à 25 ans, au moins jusqu’au printemps 2019, les banques n’ayant comme lors des dernières années que le crédit immobilier comme outil pour capter des nouveaux clients ». « Evidemment, tout cela s’entend toutes choses égales par ailleurs », nuance toutefois la porte-parole. Quelques sources d’incertitudes existent en effet, qui pourraient contrarier la dynamique : « l’impact psychologique du prélèvement à la source [par exemple] ou d’un nouvel épisode de crise type gilets jaunes ».