Saphir financements

LE PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE VA COÛTER CHER AUX INVESTISSEURS EN PINEL

Au cours des huit premiers mois de l’année 2019, les particuliers investisseurs vont être contraints d’avancer de l’argent au fisc… avant de retrouver le bénéfice de leur crédit d’impôt.

C’est l’un des gros écueils de la mise en place du prélèvement à la source. A compter de l’an prochain, les particuliers qui bénéficient d’une réduction d’impôt liée au dispositif d’investissement locatif Pinel vont devoir faire une belle avance de trésorerie au fisc. Ceci, durant les huit premiers mois de l’année !

Ce problème tient au mécanisme même imaginé par Bercy. En effet, dès janvier 2019, le prélèvement à la source, qui sera appliqué chaque mois sur votre fiche de paie, ne tiendra pas compte de la réduction d’impôt à laquelle vous donne droit votre investissement locatif. Cet avantage fiscal ne sera régularisé qu’à partir de septembre. Entre-temps, les contribuables n’auront qu’à se serrer la ceinture…

De fait, les simulations que nous avons réalisées avec le cabinet d’expertise en patrimoine, Olifan Group, montrent que l’impact financier sera loin d’être neutre. Pour illustrer le problème, nous avons pris l’exemple d’un particulier ayant investi 200.000 euros dans un programme immobilier neuf et payant 3.000 euros d’impôt par an, une fois la réduction Pinel appliquée (4.000 euros de ristourne fiscale chaque année).

Nous avons ensuite comparé le montant de l’impôt qu’il paiera en cumulé, mois après mois, avec la mise en place de la retenue à la source, au montant qu’il aurait dû régler si le mode d’imposition n’avait pas changé. Nous avons prévu deux cas, l’un où notre particulier est mensualisé, l’autre où il paie ses impôt par tiers provisionnel (tous les 3 mois).

Conséquence : le prélèvement à la source va contraindre notre investisseur à avancer au fisc jusqu’à 2.667 euros entre janvier et août. Ce n’est qu’à partir de septembre, et le recouvrement du crédit d’impôt, qu’il sera régularisé.

Evidemment, ce raisonnement est valable pour l’ensemble des réductions et des crédits d’impôt récurrents. Pour le moment, seul l’avantage fiscal lié à l’emploi d’un salarié à domicile a fait l’objet d’un aménagement : les particuliers bénéficieront d’un acompte de 30% dès le mois de janvier.