Immobilier provincial : des seniors de plus en plus acheteurs

La part des acquéreurs de biens immobiliers en province, âgés de 60 ans et plus, augmente depuis dix ans, révèlent les notaires de France.

Dans tous les domaines, les seniors ne font pas (plus) leur âge. Ainsi, d’après le dernier point de conjoncture des notaires de France, ils sont de plus en plus présents sur le marché immobilier.

En dix ans, pour l’achat de logements anciens en province, la proportion des acquéreurs de 60 ans et plus a augmenté régulièrement entre 2007 et 2012, passant de 13 % à 17,8 %. Entre 2013 et 2015, leur part a diminué légèrement et oscillé entre 16 % et 17 %. En 2016 et 2017, elle a retrouvé le point haut atteint en 2012 à 17,8 %.

Report sur les appartements anciens

Si on zoome par type de logements, cette hausse a été plus prononcée sur le segment des appartements anciens où les 60 ans et plus ont pesé jusqu’à 22,5 % des acquéreurs en 2012, contre 15,4 % en 2007. En 2017, leur part a été de 21,6 %. Toutefois, les seniors  – sans doute les plus jeunes d’entre eux – aiment aussi de plus en plus devenir propriétaires de maisons anciennes. Les 60 ans et plus ont ainsi constitué 15,8 % des acheteurs en 2017 contre 11,4 % en 2007.

Cette tendance générale, avancent les notaires, « est à relier au vieillissement de la population. Avec l’allongement de la durée de vie et l’avancée en âge des générations du baby-boom, le vieillissement de la population française se poursuit. Les habitants âgés d’au moins 60 ans en province représentent ainsi 26,9 % de la population en 2017, soit une progression de 4,3 points en dix ans. »

En matière de crédit immobilier, banques et assureurs commencent à s’adapter au vieillissement de leurs clients, même si l’obtention d’un prêt, passé un certain âge,  est plus difficile et son coût est alourdi par le poids de l’assurance-emprunteur.

Recul des moins de 40 ans

A contrario, d’après les professionnels du notariat, la proportion des moins de 40 ans, dans l’achat immobilier, est moins importante en 2017 qu’en 2007 : -1,5 point pour les moins de 30 ans et -2,8 points pour les 30 à 39 ans. La  hausse des prix de l’immobilier et le durcissement des conditions d’accès aux aides au logement expliquent en partie le recul des primo-accédants.

Après avoir progressé jusqu’en 2009 (19,2 %), la part des moins de 30 ans a diminué de 2010 à 2012 pour atteindre 16,1 %. Après une hausse en 2013 (17,6 %), leur proportion oscille entre 16 % et 17 % depuis 2014. Cette diminution a davantage touché les appartements anciens (22,9 % en 2007, 17,8 % en 2012). Dans l’individuel, les moins de 30 ans représentent 15,2 % des acquéreurs, aussi bien en 2017 qu’en 2007.

La part des 30 à 39 ans a principalement baissé dans les années 2011 et 2012. Depuis 2013, elle varie entre 27 % et 28 %. À l’instar des moins de 30 ans, elle a davantage reculé dans le collectif que dans l’individuel, respectivement -3,7 points et -2,8 points entre 2007 et 2017. En 2017, les 30 à 39 ans ont acheté 22,5 % des appartements anciens et 30,5 % des maisons anciennes.