Immobilier: ce que le prélèvement à la source change pour vous

Le prélèvement à la source aura bel et bien lieu à partir du 1er janvier 2019. Cette réforme aura des conséquences pour votre crédit et vos investissements immobiliers ou encore vos revenus fonciers. Lesquelles ? Explications.

• Demande de crédit immobilier

Avec le prélèvement à la source, les impôts seront directement déduits de votre salaire. Pour les banques qui ne prennent pas en compte les impôts, la capacité d’emprunt s’en trouvera réduite. De quoi inquiéter les futurs emprunteurs: les banques accepteront-elles d’augmenter le sacro-saint taux d’endettement de 33% pour les demandes de crédit immobilier? Ou au contraire, seront-elles intraitables? Les banques ne vont pas aller à l’encontre des efforts qu’elles font pour augmenter leur part de marché en crédit immobilier et gagner de nouveaux clients.

• Investissements Pinel

Les investisseurs bénéficiant d’un avantage fiscal (Pinel, Duflot, Scellier, investissement social et logement dans les DOM, Censi-Bouvard) bénéficieront, dès le 15 janvier, d’une avance de trésorerie de 60%, sur la base de leur situation fiscale de l’année antérieure. L’acompte de 30% initialement prévu a été jugé trop faible, selon Bercy. Une bonne nouvelle pour les investisseurs qui ont dû faire grise mine en apprenant le recul des mises en chantier et des permis de construire.

Auparavant, la réduction d’impôt ne devait pas être prise en compte dans le taux de prélèvement. Le contribuable aurait donc dû avancer cette réduction d’impôt, qui lui aurait été remboursée plus tard (en septembre), limitant ainsi l’effet incitatif du dispositif. Désormais, c’est le contraire: c’est l’État qui lui avance l’argent.

• Déficit foncier: 2018, l’année ou jamais

Pour les propriétaires qui souhaitent faire des travaux, le moment idéal est de les réaliser avant la mise en place du prélèvement à la source, le 1er janvier 2019. Les déductions liées à des travaux réalisés en 2018 font l’objet d’avantages fiscaux. Ainsi, une dépense de travaux cette année s’imputera à 100% sur les revenus fonciers 2018 et à 50% sur ceux de 2019. L’an prochain, c’est la moyenne des dépenses supportées sur 2018 et 2019 qui sera prise en compte. Les rénovations lourdes avec un gros déficit foncier à la clé font partie des bonnes affaires à réaliser.